16 mai 2012
Rencontre littéraire à l'Espace Magh/Danièle Maoudj
PlusHumaniste,
c?est le mot qui vient instantanément à l'esprit quand on lit du Will Eisner.
Ce grand bonhomme a vu et vécu, et depuis toujours il a le souci de bien le raconter, sans effets superficiels.
Un type modeste mais immense, un exemple, un homme ouvert et sans préjugés, riche des nombreuses rencontres qu?il a faites, et qui s?en sert non pas pour analyser mais pour témoigner.
Après avoir écrit ces lignes enthousiastes suite à la lecture de Mon Dernier Jour au Vietnam, j?apprends que Will Eisner est mort lundi 3 janvier à l'âge de 87 ans. Il a publié en français son dernier album cette année (Fagin le juif).
On peut parier que Spiegelman, Mazzucchelli, Ware, Guibert, Munoz et bien d'autres perdent un père spirituel.
Un conseil, un seul : lisez Un Pacte avec dieu, lisez La Valse des Alliances, lisez Le Building...
Christophe Poot, libraire BD chez Tropismes
Mort de Will Eisner, grand maître de la bande dessinée américaine, La Tribune de Genève, le mercredi 5 janvier 205.
Will Eisner, le grand maître de la bande dessinée américaine, est décédé lundi à Miami (Floride) des suites d\'une lourde opération, a annoncé mercredi à Paris son éditeur en France, Delcourt.
Will Eisner, qui aurait eu 88 ans en mars prochain, avait subi fin décembre un quadruple pontage du coeur.
Il était l\'auteur du \"Spirit\", une bande dessinée détournant les codes des super-héros, qu\'il commença à dessiner pour la presse en 1940 mais il était essentiellement connu pour ses albums autobiographiques racontant son enfance et son adolescence de gamin juif dans les quartiers populaires du Bronx puis ses souvenirs de guerre.
Will Eisner, pacifiste, humaniste, revendiquant son judaïsme mais surtout son amour pour les petits, les sans-grade, n\'avait jamais autorisé l\'âge à diminuer sa production. Ainsi avait-il encore publié en 2004 \"Fagin le juif\", qui revisitait le roman de Charles Dickens et réhabilitait un personnage montré comme un affreux dans \"Oliver Twist\", pour en faire une victime de la pauvreté et du racisme.
Will Eisner, qui avait été couronné en 1975 Grand prix de la ville d\'Angoulême, un des très rares non francophones à avoir eu cet honneur, était considéré comme l\'inventeur du \"roman graphique\", un genre maintenant très en vogue, se plaçant entre BD traditionnelle et texte illustré.