30 janvier 2012
David Grossman à Bruxelles !
PlusLe décès de Gérard Bobillier, directeur fondateur des éditions Verdier, touche particulièrement les libraires, d'autant que cette année coincide avec le trentième anniversaire de la fondation des éditions. Nous l'associions avec les plus grandes disparus : Corti, Lindon, Bourgois et d'autres, et exposions "Les Verdier" comme ce que la littérature et les sciences humaines donnent à lire de meilleur.
Tout lecteur de philosophie et de textes fondateurs des spiritualités multiples doit à Bobillier et Verdier les livres de la collection des "Dix paroles" et de l'"Islam spirituel", guidé mais égaré dans les Premiers Principes, transporté de la Véracité aux Essais Hérétiques, d'un Occident enfoui à un Orient des lumières, sur la route "entre Athènes et Jérusalem", en passant par Cordoue et Shiraz. Long détour qu'arpente le témérité de l'éditeur Bobillier.
Tout lecteur de littérature a découvert, déplié, adopté des auteurs français exigeants : Bon, Michon, Bergounioux, Sylvain, Darley, Masson, Réda, l'immense Gatti, mais également des auteurs traduits Harms, Chalamov, Luzi, Caproni, Rilke, Sachs, Yeats, Raine, Delibes, Hernandez, sans parler des essais de Milne, Meschonnic, Comolli, Ginzburg, et beaucoup d'autres.
La perte d'un éditeur ne se mesure pas à l'ampleur d'un catalogue, mais confirme, dans la tristesse, la proximité du livre avec ceux et celles qui lui donnent le jour.
Depuis la Belgique, la librairie Tropismes est en deuil.