30 janvier 2012
David Grossman à Bruxelles !
PlusElle a reçu une brassée de prix pour son précédent roman, paru en 2005, Tokyo.
La romancière britannique Mo Hayder est de retour avec un thriller sanglant et diabolique, Pig Island : une petite île d'Ecosse, résidence d'une secte menée par un dangereux psychopathe, est l'objet des plus folles rumeurs. On y a vu un monstre rôder la nuit. Un journaliste, ennemi juré du fondateur de la secte en question, va braver le brouillard et les flots pour y mener son enquête.
Si dans ce nouveau roman l'écriture n'a rien de remarquable, et si certaines scènes sont un peu trop sanglantes à mon goût, le dénouement prend totalement au dépourvu et permet à Mo Hayder de faire un beau pied de nez à son lecteur et à son narrateur, bernés de bout en bout!
Satan mène aussi le bal dans le nouveau Douglas Kennedy, La femme du Vème. La première partie du roman nous propose un polar de facture relativement classique : un américain sans le sou en dérive à Paris après un drame personnel va se laisser entraîner dans des affaires louches, orchestrées par la mafia turque locale.
Lieux sordides, meurtres, errances dans un Paris nocturne et glacé jalonnent le début du roman. Et puis Harry Ricks rencontre Margit, hongroise, la cinquantaine, irrésistible. Curieusement les problèmes de Harry vont commencer à se résoudre, « comme par miracle ».
Qui est la femme du Vème? Quels pouvoirs détient-elle? En glissant brusquement vers le fantastique le récit a perdu à mes yeux une grande part de sa crédibilité. D'une écriture noire et réaliste Douglas Kennedy bascule soudain dans le paranormal et l'histoire s'égare, se vide de sa substance. Le déroulement devient plus convenu, plus attendu.
Je n'ai pas adhéré à ce texte pourtant haletant dans sa première moitié, parce que le décalage entre les deux parties m'a paru infranchissable. Je laisse les lecteurs en juger !
Dans le pays de Brenne, les étangs succèdent aux forêts et les animaux vivent plus nombreux que les hommes. C'est pourtant là que réside Antoine, écologue épris de nature, exilé volontaire d'une vie jadis trépidante. Antoine court les chemins, scrute, admire...
Mais la passion d'Antoine, aujourd'hui, est de faire « oeuvre de fossoyeur » ; à savoir de relever systématiquement dans un carnet ses rencontres avec des animaux morts.
Quand on écoute Antoine, il paraît bien sensé. Si ce n'est que Myriam, qui partage sa vie depuis de nombreuses années, nous tient un tout autre discours. Loin de là, Mauricette, jeune fille en manque de repères, se lance avec deux garçons à la dérive dans une aventure qui tourne au drame. Les histoires se construisent en parallèle, pour se rejoindre à la toute dernière page.
Roman noir et déséspéré, Cruelles natures, de Pascal Dessaint, est un vrai polar avec de vrais caractères, qui laisse au lecteur un goût amer et tenace.
Peut-être moins dramatique, au sens propre du terme, mais tout aussi réaliste et troublant, voici A moi pour toujours de l'américaine Laura Kasischke.
Sherry Seymour, la narratrice, est en pleine crise de la quarantaine. Son fils unique vient de quitter la maison pour entrer à l'université, son mariage ne lui offre plus beaucoup de surprises, pas plus que son métier d'enseignante.
Alors lorsqu'un auteur anonyme se met à déposer des billets doux dans son bureau son imagination s'enflamme. Avec l'accord tacite de son mari la voilà bientôt dans les bras de celui qu'elle pense être à l'origine de ces déclarations. De malentendus en incompréhensions l'intrigue glisse irrémédiablement vers l'irréparable. Ou comment la vie d'une femme ordinaire peut basculer soudain dans la tragédie. Vertigineux!
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