30 janvier 2012
David Grossman à Bruxelles !
PlusAutomne 1914: l'Europe s'est embrasée. Malgré leur neutralité, les autorités suédoises redoutent d'être entraînées dans le conflit, les flottes allemandes et russes menaçant de s'affronter au large de leurs côtes. La marine charge alors l'officier Lars Tobiasson-Svartman d'une mission secrète: rechercher une nouvelle route maritime entre le détroit de Kalmar et Stockholm afin d'y frayer un chemin aux navires suédois.
Cet homme, Lars Tobiasson-Svartman, a pour spécialité de sonder les fonds marins à la recherche d'écueils inconnus ou de profondeurs mal répértoriées. Mais l'obsession secrète de cet homme a priori bon époux et bon professionnel, est que son intrument lui donne un jour accés à « une profondeur vertigineuse, où se cachait un secret. Et, tout au fond, un monde qui correspondait à celui où il vivait. »
Car cet officier qui garde le contrôle de son univers en mesurant les masses, les distances, et le temps, a du mal à ne pas se laisser happer par ses propres abîmes intérieurs. « Il ouvrait pour les autres des routes maritimes sûres, mais les cartes qu'il traçait à son propre usage étaient faussées »...
C'est la découverte d'une petite île habitée par une femme seule qui fera basculer Tobiasson, et libèrera ses démons intérieurs jusque-là silencieux. De mensonge en mensonge, de fuites en compromissions, la chute sera inéluctable et dramatique: tromperies, violences, meurtres, folie, c'est toute la vie d'un homme et de ses proches qui volent en éclats.
D'une grande intensité émotionnelle, Profondeurs, de Henning Mankell, est un récit mystérieux et inquiétant, à l'image de ces gouffres sous-marins vertigineux qui peuplent l'imaginaire de l'officier Tobiasson.
Magda Szabo est morte en novembre dernier, à 90 ans. Les lecteurs francophones avaient découvert récemment cet auteur hongrois grâce à La porte, écrit en 1987 et publié par les éditions Viviane Hamy en 2003 qui obtenait alors le prix Fémina étranger. Depuis, Viviane Hamy propose chaque année un nouvel ouvrage de l'auteur. Aujourd'hui voici Le faon, écrit cinquante ans auparavant.
A travers un long monologue, Eszter, commédienne célèbre dans toute la Hongrie précommuniste, fait le bilan de sa vie marquée par la jalousie.
Née aristocrate mais frappée par la déchéance sociale, Eszter petite fille se décrit comme « une mauvaise camarade, morne, irritable, envieuse (...). Ni mes professeurs ni mes condisciples ne m'aimaient; je n'étais ni gentille ni souriante ». Elève brillante elle monnaie ses services auprès des enfants de son âge, et conçoit pour la belle et bonne Angela, enfant riche et heureuse de son voisinage, une haine inextinguible.
Alors que sa famille déménage dans des maisons de plus en plus modestes, des quartiers de plus en plus excentrés, la généreuse et naïve Angela n'a de cesse de rechercher son amitié.
Des années plus tard, Eszter au fait de sa carrière découvre qu'Angela est l'épouse de son amant. Angela, toujours trop parfaite pour être balayée comme n'importe quelle épouse trompée.
« Que puis-je prendre, qui soit encore à prendre à Angela? (...) Je me disais que ce que je souhaitais précisément, c'est qu'Angela fut anéantie (...). Qu'elle crève et que je ne la revoie plus jamais! ».
A l'instar de Profondeurs, cette oeuvre « de jeunesse » de Magda Szabo est un récit d'une grande violence, la description presque clinique d'une haine chronique qui fera basculer son héroïne dans la folie et dans la mort.
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